Ce dont le cœur est plein, la bouche en parle

18
Sep

#5: STRATÉGIES ET STEVE JOBS

par Claudia Linker (Monnet)

Je dis vous faire un aveu. La stratégie énergo-cybernétique (EKS) selon Wolfgang Mewes, très réputée dans les pays germanophones, m’inspire bien dans mon travail, mais je ne la suis pas à la lettre. Je dévie même bien du schéma, je l’ai modifié, élargi, augmenté. Le but déclaré de EKS est de définir pour soi un domaine permettant d’aspirer à devenir leader du marché. Je questionne ce genre de buts, ma vision d’une vie comblée et épanouie dépasse les notions de marché. Aussi, je ne m’appelle pas Steve Jobs qui disait: "We are here to put a dent in the universe" - "Nous sommes ici pour cabosser l’univers." C’est une expression tellement violente que les traducteurs en langue française ont préféré adoucir et lancer la version "… pour laisser une trace…". Je comprends ce sentiment, préférant moi-même la voix basse et le développement prudent. "Circonspection" est un de mes mots favoris.

Ce n’est quand même pas par hasard, si je nomme Steve Jobs ici. Il a du être assez irascible comme personne. D’après tout ce que je sais, Bill Gates est plus sociable et agit avec plus de circonspection envers autrui, ce que j’aime mieux. Mais Steve Jobs avait aussi ce côté enthousiasmant et je recommande vivement son discours à Stanford. Sans même le savoir, il nous explique avec poésie et émotion mes idées sur la planification stratégique! Il parle dans ce discours de ses convictions intimes. 

Il dit: "the dots will connect". Traduit librement, cela veut dire: les tesselles de ma vie formeront des liens, et ces liens porteront, si je ne ramasse que des tesselles qui me sont précieuses. Voilà la dimension que j’ajoute impérativement à tout accompagnement stratégique.

Dans ma vie, pendant longtemps, beaucoup de tesselles pourtant précieuses ont trainé sont faire de lien. Je les avais presque oublié. La travail stratégique dirige le regard justement là, vers les tesselles presque oubliées: rendant visible ce qui sommeille en cachette, ce qui est apte à me nourrir, mais n’a pas encore été exploité. Le travail stratégique découvre et déterre les trésors enfouis.  

Pour moi, les tesselles enfouies couvrent deux grands thèmes:
Les langues.
Les arts et la culture. 

Les deux étaient au centre de mes études et j’avais l’intention d’en faire ma profession. J’ai fait mes études en France dans le domaine des beaux-arts et je parle un tas de langues, plus ou moins bien. Puis, j’ai épousé un professeur d’université à Flensburg entrant en même temps et avec beaucoup de plaisir dans l’entreprise de conseil existante. 

Les tesselles "langues" et "arts / culture" sont alors restées sans emploi pendant longtemps. Est-ce que cela a changé depuis la nouvelle orientation stratégique de notre boîte? La réponse honnête: pas pour le moment, en soulignant "pour le moment". Car ces thèmes ne sont clairement plus à l’arrière-plan. Une preuve: vous lisez ce texte en français.

Depuis quelques années, je fouine au moins en peu dans des textes divers en danois, anglais, français, italien, russe, espagnol. Depuis le départ, notre site web a été lancé en autres langues. Je ne parle toujours pas assez bien le russe. La traduction en espagnol est sur la liste des choses à faire. Peut-être que ça va marcher l’été prochain?

Cet été j’ai d’abord ajouté beaucoup de tesselles dans le domaine „arts et culture“. Pendant une semaine entière, j’étais à la documenta 14 à Cassel, exposition mondiale d’art contemporain. Le nouveau sujet blog est clair: les arts et la communication. 

Sur la photo en haut, vous voyez une sorte de mosaïque. Sur YouTube vous pouvez découvrir qu’elle est en mouvement. L’œuvre “The End“ de l’artiste grec Nikos Alexiou est inspirée d’une mosaïque de sol au monastère d’Ivirion sur le mont Athos. Ce que la vidéo ne montre pas: cette œuvre amuse les visiteurs! Ils se mettent dans la lumière, beaucoup se couchent même par terre. La majorité des gens restent pendant des minutes sous cette douche lumineuse.

Que les arts nous amusent, est-ce à favoriser, voire, à exiger? J’en parlerai davantage la prochaine fois.  

12
Feb
Kahneman Système 1 Système 2 vitesses de la pensée

# 2: PRENDRE DU RECUL

Par Prof. Wolfgang Linker

SANS RECUL, PAS DE VISIONS. SANS VISIONS, PAS DE STRATÉGIE.
Notre défunt chancelier Helmut Schmidt disait une fois: “Que les personnes ayant des visions consultent leur médecin!“ Et bien, là se trompait ce grand et vénérable homme de l’histoire allemande contemporaine. Les visions ne sont justement pas des délires malsains, mais des guides importants. Ou bien ne se trompait-il pas? C’est bien vrai: Les entrepreneurs, les directeurs et tous ceux travaillant à leur compte ont souvent besoin d’un médecin pour exciser le tissu des pensées irréalistes et pour chouchouter le tissu des visions à la fois désirables et réalistes.

Les illusions et les visions divergent à trois niveaux: contenu, motivation et stratégie.

#1 CONTENU:
Si j’avais pour but de faire un jour parti du cercle des lauréats d’un prix nobel, ce serait une fantaisie irréaliste. À 75 ans, je suis déjà hors garantie: hors de la garantie d’avoir les forces pour réaliser des recherches de longue haleine, par exemple.
Les visions saines donnent donc une réponse à cette question: quel but puis-je concrètement atteindre?

#2 MOTIVATION:
Je peux faire un tas de choses pour rester en forme malgré mon âge. Avec emphase sur “faire“. Il faut la volonté d’agir, donc: une motivation. Voilà la deuxième différence entre illusions et visions.
Les visions saines donnent donc également réponse à la question: en quoi serait-il séduisant de concrètement atteindre un but donné?

#3 STRATÉGIE:
La troisième divergence se manifeste dans un plan prometteur de succès.
Les visions saines donnent donc en plus réponse à la question: précisément comment puis-ja atteindre le dit but séduisant?

Sitôt dit, sitôt fait? Non! Depuis des années, j’ai bien en tête que je pourrais faire un tas de choses pour rester en forme bien qu’étant “hors garantie“. J’ai aussi en tête: Il me serait possible de terminer mon deuxième livre sur la communication aux deux tiers achevé, qui dorlote depuis presque deux ans dans mon tiroir. Côté contenu, motivation et stratégie, tout devrait être clair. Devrait. Il manque pourtant quelque chose d’élémentaire. Une quatrième prérogative. Le jeûne et la rando lui fraient le chemin: Il faut de la distance par rapport aux visions.

Avec de la distance et avec de la distance seulement nous sommes capables de voir clair. Car nous sommes enclins à avoir une bien trop grande confiance en nous-mêmes. Tous. Tout le temps. Ni âge ni sagesse ne nous protègent. Le psychologue Daniel Kahneman l’a tellement bien prouvé que ça lui a mérité le prix Nobel en économie. (Son livre “Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée“ est fort recommandable, mais bien gros aussi. Pour ceux qui n’ont pas envie de lire 500 pages: La troisième partie porte sur … oui … exactement: l’excès de confiance en soi. Et elle ne compte que quelques 65 pages).

Un excès de confiance en soi, ça ne paraît pas bien sympa. Et bien, c’est pire que ça: l’excès de confiance nous empêche de même prendre en considération d’autres points de vue - surtout s’ils semblent être contre nous ou s’ils sont pessimistes. L’amour rend aveugle. L’avidité l’emporte sur la raison. Correct? Correct!, dit Kahneman de manière un soupçon plus scientifique: la perception externe n’a pas la moindre chance contre la perception interne. Les visions divergent donc des illusions aussi par le …

#4 RECUL:
Les visions saines donnent réponse à la question: comment puis -je prendre le recul nécessaire pour pouvoir penser aussi objectivement et stratégiquement que possible?
Et nous voilà de nouveau au jeûne et à la rando et à mes deux buts stratégiques personnels:
rester en forme.
écrire mon livre.
Nous quittions notre bureau et par cela notre travail à la fois silencieux et exécuté en position assise.
Nous allions à l’île de Sylt.
Nous profitions des randos journalières pour parler de tout et de rien avec plein de nouvelles connaissances.
Nous profitions des temps de repos pour notre plannification stratégique - dans un état physique et mental inhabituel.
Ça, c’est du recul!
Et surprise:
Au fil de jours, je gagnais une vue fraîche et inspirée.
Je voyais ce qui m’avait échappé.
Je me posais des questions nouvelles et différentes.
Je ressentais en même temps, et avec joie: Je suis sur la bonne voie.
Je vérifiais mes idées, en parlant avec ma femme qui sait écouter, m’approuver, me contredire, et me faire réfléchir. 

En plus, je trouvais de nouvelles sources “nourrissantes“: tous les soirs, les petites conférences sur la santé m’offraient une foison d’informations, entre autres sur la nourriture et ses composants. Mais surtout, j’entendais de nouveau ce que j’avais lu 1000 fois, jugé juste aussi 1000 fois et écarté de mes idées au moins 1000 fois: Je me fait tort à moi-même avec ma perception interne: “Toute activité physique est pénible et superflue“. Jusque-là, ça n’avait servi à rien. Même les plus raisonnables des perceptions externes n’avaient réussi à me faire “tenir le coup“. Mais cette fois, les conseils venaient vers moi dans une situation absolument nouvelle: à la suite de randos aussi dures physiquement que satisfactrices psychiquement et à la suite d’un temps de réflexion porteur de beaux fruits. Ça calmait mes réticences.

Je suis maintenant fier propriétaire d’un caddie et je fais nos courses à pied. C’est une demi-heure d’exercice physique qui est faisable, même à la longue. En plus, je me suis remis à mon livre. Dans un coin tranquille, installé exprès pour avoir le retranchement qui m’est nécessaire pour écrire. 

En fin de compte, Helmut Schmidt avait quand même raison: J’avais eu besoin de “soutien médical“, par Kahneman, les conférenciers, et ma femme. 

De quel “médecin“ avez-vous besoin pour que vos illusions se transforment en visions? On en parle, vous et nous?

19
Sep

#1: JEÛNE - RANDO - STRATÉGIES

par Claudia Linker (Monnet)

Pendant un temps, on ne mangeait rien. Rien du tout. En récompense, on marchait par tous les temps, entre 12 et 15 km par jour. Et nous en profitions pour notre planification stratégique annuelle. Aussi, nous pensons que c'est une manière de faire suffisamment astucieuse pour vour recommander de la copier: faire des planifications stratégiques annuelles ET participer à une retraite de jeûne-rando. Au retour de la belle île de Sylt, nos sacs à dos était pleins à craquer de résolutions très précises, et jusque là, elles semblent fructueuses. Aussi et surtout celles portant sur les projets professionels.

Autant que l'on sache, personne à ce jour n'offre des séminaires de jeûne et randonnées en combinaison avec la planification stratégique. Mais peut-être voudrez-vous profiter de cette série d'articles, pour vous fabriquer votre propre plan stratégique, avec ou sans jeûne (et / ou rando). Ou vous nous contactez pour profiter de nos services. Nous serions enchantés.

"Que voulons-nous (continuer à / commencer à / vraiment) faire concrètement, comment et pourquoi exactement?", cette question demande absolument à être posée et recevoir des réponses. En 2015, c'était même plus important pour nous, entre autres, parce Wolfgang approchait de ses 75 ans à grands pas. Tout doucement l'âge le faisait dire plus souvent, qu'il lui faut peu pour être heureux. Une autre raison pour l'importance plus grande en 2015 de faire des plans stratégiques, était que Claudia avançait à pas tout aussi grands vers sa cinquantaine. Pour elle, à cet âge, se contenter de peu pour être heureux serait à définir moins selon l'ours Baloo et davantage selon la panthère noire, Bagheera.

Notre désir était donc de mettre en équilibre ces deux phases de la vie différentes - et d'aligner notre entreprise en accord avec cet équilibre. C'est ce que nous avons fait. Il nous a fallu 3 à 6 heures pendant quelques mois pour réfléchir, écrire, discuter, décider, rejeter, focaliser. Puis, nous avions un joli petit plan stratégique, qui nous a étonnamment bien réussi grâce à un mélange d’application, de chance et de coïncidences. 

Maintenant, en été 2016, il était donc temps pour un bilan intermèdiaire: Qu’avons-nous pu réaliser - ou pas? Pourquoi? Quelles conséquences pour la route à suivre voulions-nous tirer de nos succès comme de nos échecs? 

Ceci étant, le calendrier était chargé, ce qui est bien, en principe, mais aussi porteur du danger de faire passer l’urgent devant l’important - et de rendre impossible par ce fait tout travail stratégique. Nous prenions donc la décision de bloquer une semaine de retraite concentrée - ce qui était tout juste faisable.

En même temps, nous prenions la décision de passer cette semaine à jeûner. En même temps, parce que nous savions déjà: le vrai jeûne est forcément un temps de réflexion intense, de vérification, de réagencement. Aussi: Oui, jeûner signifie vraiment de ne rien manger. Au moins rien de solide. Sauf si l’on compte le persil sur le bouillon léger servi le soir parmi la nourriture solide. Nouveau pour nous était la combinaison avec la rando, donc, avec du mouvement, vraiment beaucoup de mouvement. A peu près 4, 5 heures par jour. Par tous les temps. Et tous les temps, c’était vraiment tous les temps, sur notre belle île de Sylt, en juillet 2016. Jusque-là nous étions allés dans un monastère pour jeûner. Là aussi, il fallait bouger, mais bien moins. Claudia aimant particulièrement plonger dans la méditation monastique, elle craignait cette fois ne pas trouver assez de silence et de calme avec toute cette bougeotte. Le contraire s’avérait vrai. 

Qu’y a-t-il donc dans notre sac à dos remplis de plans précis? Nous en parlerons ici, petit à petit. Disons ceci, pour aujourd’hui: la planification stratégique nous met en contact avec ce que nous voulons vraiment - ou pas. Elle interrompt les habitudes et les questionne. Elle libère de fausses contraintes et ouvre la voie aux intérêts véritables. „Planification stratégique“ peut être remplacé par „jeûne“ ou „rando“, voire même par „jeûne et rando“. 

Curieux d’en savoir plus? Au plaisir!

26
Apr

Les langues … qui papotent

J'AIME TELLEMENT LES LANGUES. TOUS LES JOURS, J'APPRENDS QUELQUE CHOSE. DES MES ERREURS.

Une fois, dans une conversation en anglais, je trébuche sur "opérante" comme synonyme de "do surgery" . J’aurais juré que c’était un faux ami. Et non. On peut dire comme ça. D’ac, c’est noté.

Puis, dans la même conversation, je laisse glisser "cabinet", mais je sens: ça sonne faux. Ceci étant: le français, ça marche toujours et "tout sonne sexy en français" (le français sexy commence à 1:19 minutes). Ma grand-mère, ayant augmenté son statut social par son mariage, ne disait plus jamais "ich ging auf dem Gehweg" ("je prenais le Gehweg"), mais: "ich ging auf dem Trottoir". 

Je suis curieuse maintenant et je met sur papier comment ça s’appelle: cabinet de médecin, dans "mes" langues. Cabinet disent Français et Italiens; Consultation Danois et Espagnoles, Pratique Allemands et Russes. 

Apparemment, seul l’anglais semble sortir du rang … Mais une fois que je regarde les racines, c’est vrai plutôt pour le mot français “cabinet“.

La barbe? Pas du tout!
Fascinant? Oui!

Les mots sont toujours sortis des rangs de leur langue d’origine pour aller voir ailleurs. Alors, si je dis doctor’s cabinet encore et encore dans mes conversations anglaises, ça pourrait trouver entrée dans les dicos. Ou pas. Pas grave. Tout sonne sexy en français. 

QUELQUES ASTUCES CONTRE LA PEUR DE FAIRE DES GAFFES EN LANGUES ETRANGERES: 

DITES-VOUS, SIMPLEMENT: “Les erreurs, ça n’existe pas. Il n’y a que des expressions qui n’ont pas encore percé côté langue courante.“ — Seriez-vous membre de l’avant-garde?

EXPLOREZ: Ce que notre cerveau produit n’est jamais (!) dénué de sens. Bien au contraire: Notre cerveau produit du sens à longueur de journée. Il cherche et trouve des relations pour créer de zones d’association. Ma façon de faire ici, était d’explorer les racines des mots et d’en dresser une image — littéralement.

SURCOMPENSEZ: En explorant, j’ai appris plus que les mots exacts pour “opérer“ et “cabinet de docteur“ en toutes mes langues; par exemple que le mot chirurgie signifie de travailler avec les mains. Le mot grec “kheirourgia“ et compensé de “kheír“ (main) et de “érgon“ (travailler). Tout d’un coup, mes zones d’association produisent plein d’autres mots contenant “érgon“ — éclairant davantage leur signification.

RÉCOMPENSEZ-VOUS D'AVOIR UN CERVEAU AUSSI FANTASTIQUE: Vous pourriez parler de vos découvertes à quelqu’un. Par là, vous multiplieriez les chance de vous souvenir à long terme de ce que vous avez appris — et de vous souvenir avec joie.